lundi 26 décembre 2016

Bolivie suite et fin

11 décembre

Pleins d'eau potable le matin à un point Ioverlander dans Uyuni. 3 bonbonnes de 20L pour 45 Bols.

Question gazole, il faut savoir qu'en Bolivie le prix est triple pour les étrangers, 8,88 Bols contre 3,7. Rien ne sert d'épiloguer là-dessus mais la pratique s'avère sportive.
Pour le premier remplissage en Bolivie, ma technique consiste à garer le camion hors de vue de la station et de tenter un remplissage de bidon à un prix négocié, « sin factura » (sans facture).
A peine garé derrière un muret, je n'ai pas le temps de sortir qu'un policier en tenue nous aborde et nous demande si nous voulons du carburant « pas cher »... Il nous enjoint de l'accompagner à la station avec le camion. Sandra craint quelque coup monté mais nous y allons.
Je négocie un prix de 6 Bols par litre (0,83€) avec le policier pompiste qui ne comprend pas pourquoi je tiens absolument à remplir au bidon.
Au passage il en prend plein les chaussures !
En effet depuis le départ en Uruguay nous ne remplissons le réservoir qu'avec l'entonnoir décanteur et filtrant, histoire d'éviter toute mauvaise surprise.
Comme la plupart du temps les pompistes ne veulent pas remplir directement par l'entonnoir, nous utilisons le bidon... C'est de la manutention mais en Bolivie plus qu'ailleurs, c'est une nécessité.
Au final, nous voyons le policier et le pompiste se partager les 120 Bols de marge.

Nous prenons ainsi la belle route pour Sucre, bitumée pour la logistique du Dakar (le rallye).
Après avoir traversé Potosi, impossible de trouver un bivouac correct sur la route, nous poursuivons notre route jusqu'au camping d'Alberto et Felicidad, en pleine ville de Sucre.
Nous y arrivons de nuit, en même temps que la famille Vaslin.
L'accueil est tellement sympathique, les commodités tellement complètes, la sécurité en prime, que nous allons y rester 4 nuits.
370 kms entre Uyuni et Sucre.
La route entre Uyuni et Potosi





Traversée de Potosi

Potosi
Le camping d'Alberto et Felicidad en pleine ville de Sucre


Nous profitons des relations d'Ernesto, ancien professeur d'électricité à la fac, pour tenter la solution de transformer un de nos détendeurs de gaz en adaptateur pour recharger nos bouteilles.
Un détendeur, outre sa fonction de réguler la pression de sortie du gaz, empêche toute entrée via une membrane que nous rêvons donc d'enlever.
Et là bingo, nous rencontrons le gars méticuleux qui en une soirée nous sort l'adaptateur de la mort (car j'espère qu'il ne va pas nous péter à la figure au premier remplissage!).
Cuento cuesta ? 100 bols (14€). Nous lui payons le double tellement nous sommes heureux...


Le détendeur-adaptateur de recharge

Avec la famille Vaslin, Alberto et sa fille.





Déjeuner au marché couvert







Le conseil de courir est vital ici !

Visite au musée anthropologique






16 décembre

Nous partons pour le site d'Incallatja , à 250 kms au nord de Sucre.
Après la petite ville d'Aiquille où nous déjeunons, une route empierrée magnifique serpente entre les montagnes et traverse la campagne profonde bolivienne. Ce n'est pas la route de la mort mais mieux vaut faire gaffe quand même.












Nous récupérons brièvement l'asphalte à Totora pour repartir sur 20 kms de piste très étroite jusqu'au parking du site d'Incallatja où nous sommes seuls.

Un dernier gué à franchir avant le site d'Incallatja

Nous sommes sur le qui-vive quant à la sécurité car bien que n'ayant rencontré aucune animosité particulière, nous avons attiré en passant les regards des villageois, pauvres certes mais apparemment vivant d'élevage et d'agriculture.

17 décembre

Visite du site Inca vieux d'au moins 6 siècles et complètement désert le matin. A notre retour des locaux nous réclameront une petite contribution à l'entretien du lieu. Au retour, les villageois nous font de grands signes amicaux auxquels nous répondons. Notre crainte était sans doute un peu exagérée..





La pierre servant aux sacrifices rituels...


Nous repartons pour 80 petits kilomètres et un bivouac en haut d'une colline, très tranquille.








18 décembre

Visite du sympathique marché de Punata avant de traverser l'imposante ville de Cochabamba.





S 'ensuit une montée infernale jusqu'à plus de 4000m d'altitude. Beaucoup trop d'enfants mendient au bord de la route, nous sommes proches d'une grande ville.
La route devient piste tellement il y a de travaux en cours, l'air est saturé de poussière et de fumée noire des camions qui peinent en montée.

Cochabamba

Sortie de Cochabamaba

Si plus de freins, préférer la mort de droite !



Nous voulons avancer au maximum car il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent d'ici La Paz questions visites et bivouacs. Nous passons une nuit tranquille sur la place totalement vide d'un petit village, Sica Sica.

19 décembre

Départ à 6h, les filles restent au lit. Nous contournons La Paz par le sud pour nous rendre à l’hôtel suisse Oberland où ioverlander nous fait espérer le remplissage de notre bouteille de gaz.
Nous allons tester le nouveau détendeur/adaptateur bolivien !

Arrivée sur La Paz, sur des kilomètres !


Comme nous ne sommes pas disposés à user moyennant finance de leurs services d’hôtellerie, il nous faudra ruser et contourner la hiérarchie pour remplir la dite bouteille en 2h par transvasement d'une bouteille de propane bolivienne. Je crains le pire car la manœuvre se déroule dans un escalier en plein soleil et qu'il nous faudrait du butane pour un usage à l'intérieur du camion. Pressions aucunement maîtrisées...
C'est au jugé du poids de la bouteille remplie que nous mettons fin à l'histoire, et c'est un succès !

La bouteille-mère bolivienne

Cap ensuite sur Coroico, village à la frontière amazonienne, à 100 kms de La Paz.
Heureusement que le bitume est correct car nous passons de 3800m, l'altitude de la capitale, à 4700m, pour redescendre à 1000m et remonter à 1800m.
En montée c'est folklo, camions et voitures sont arrêtés sur le bord de la route, capots ouverts et moteurs fumants... Nous montons tranquillement, chauffage à fond pour aider au refroidissement du moteur. C'est dans la vertigineuse descente que ça se corse. Les camions et voitures sont maintenant arrêtés avec des odeurs de freins cramés, et c'est en première que les portions les plus pentues sont donc abordées pour avoir suffisamment de frein moteur...

Traversée de La Paz avec le camion...un bonheur !





Le début de la légendaire route de la mort...engageant non ?









Faut pas s'aimer pour doubler comme ça !

Idem


Vidange forcée sur la route...moteur cassé.



Arrivée à Coroico de nuit, on traverse le village par une piste étroite et défoncée très très raide pour accéder au bivouac de l'église.


20 décembre

Nous redescendons au village de Coroico. Malheureusement c'est l'effervescence et les rues sont tellement étroites qu'il est impossible de se garer pour s'y promener.

Réveil à Coroico



Les rues de Coroico

Nous reprenons donc la roue de La Paz, avec ses 5400m de dénivelé.

La route est toujours sympa



La traversée de la capitale bolivienne s'avère extrêmement difficile, entre les rues bloquées pour travaux, les sens uniques inconnus du GPS et la densité de circulation, il y a de quoi péter un câble.
Quand enfin nous pressentons la sortie, la route 2 qui conduit à Copacabana est fermée.








Nous avons prévu de passer les fêtes de Noël à Copacabana en compagnie de la famille Vaslin et d'y préparer une excursion sur Isla del Sol.
Nous tentons de récupérer cette fameuse route plus loin à travers des quartiers banlieusards louches...sans succès.
Idem 20 kms plus loin où la piste depuis Laja sensée rejoindre la route se termine également par un énorme trou infranchissable. Et il fait nuit.
C'est donc contraints et forcés que nous bivouaquons sur le parking des ruines de Tihuanacu que nous ne visiterons pas vu le prix d'entrée et ce qui nous attend au Pérou.

21 décembre

Nous espérons rejoindre Copacabana via le Pérou, en passant 2 frontières espacées de 30 kms.
Nous arrivons donc à la ville frontière de Desaguadero en fin de matinée.
Déjà il faut trouver le poste frontière, ce qui n'est pas évident.
Ensuite il faut se garer quelque part, ce qui n'est pas évident non plus, avant de constater l'existence d'une file d'attente de 100m pour l'immigration.
Puis il faut aller dire bonjour à la douane pour le camion, qui est fermée pour cause de sandwich du préposé.
Un peu de patience et la douane ouvre (une fenêtre coulissante protégée de barreaux située au niveau des genoux), mais l'informatique est en panne. Les gens se pressent, se poussent devant cette fenêtre. C'est du grand n'importe quoi mais nous finissons par faire enregistrer la sortie du véhicule.


Côté bolivien

Nous pouvons enfin traverser la frontière sur les 50m du pont où transitent les locaux dans tous les sens, chargés comme des mules, et sans aucun contrôle.

Après ces 50m, il faut de nouveau se garer, trouver les services d'immigration péruviens, puis la douane. Nous nous attendions à quelques difficultés pour la douane car notre assurance véhicule Mercosur ne couvre pas le Pérou où il est obligatoire de s'assurer.
Nous savons via nos amis les Courtiseurs que nous pouvons contracter une assurance d'un mois dans les prochaines villes de Puno et Juliaca.
Encore faudra t-il convaincre la douanière de nous donner le précieux certificat temporaire d'importation, et cela sans assurance. Cette dernière nous écrit sur un papier les noms de 3 compagnies susceptibles de nous assurer à Dasaguadero même. Nous allons voir, à pied donc, et avons confirmation de la petite arnaque locale qui consiste à n'assurer que pour un an à tarif prohibitif.
Nous retournons user la douanière en lui promettant de nous assurer plus loin et en lui réclamant une note le stipulant.
Elle s’exécute finalement non sans ronchonner, et après avoir transformé nos bolivianos en soles, la monnaie péruvienne, nous prenons le large.
Il est 18h, nous avons donc mis 7h pour passer la frontière, nous abandonnons l'idée de franchir une nouvelle frontière pour Copacabana.

Côté péruvien

Nous bivouaquons tout de même au bord du lac Titicaca, à Juli Beach, quelques 40 kms plus loin.

Nous avons beaucoup aimé la Bolivie, ses paysages bien sûr, mais surtout sa population rurale, toujours souriante et prompte à engager la conversation en allant spontanément à notre rencontre.
Nous y avons parcouru 2150 kms.

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